La relation aux médias par l’autre bout de la lorgnette

By Patricia Non classé, presse et médias Aucun commentaire sur La relation aux médias par l’autre bout de la lorgnette

En tant qu’entrepreneur, on a est souvent tenté de considérer les médias comme un porte-voix et d’aborder la relation dans le sens « moi-vers eux ». Voici quelques réflexions qui vous inciteront à envisager les journalistes comme des partenaires et vous aideront à établir avec eux des relations durables fondées sur le mode de la réciprocité.

Un petit avertissement avant de commencer : les considérations qui suivent présupposent que vos relations avec le milieu journalistique sont déjà établies. C’est pourquoi ce billet aborde les choses « par l’autre bout de la lorgnette ».

Soyez disponible

La première chose à savoir, c’est que les journalistes sont des gens pressés : ils fonctionnent généralement sur le mode de l’urgence et ont des agendas hyper chargés. Vous recevez donc souvent un coup de téléphone le matin et l’on s’attend à ce que vous soyez disponible pour un interview dans l’heure ou en début d’après-midi. La télévision, elle, se donne un peu plus de délai mais il se peut que, là aussi, on veuille vous caler dans un créneau le jour-même.

L’actualité

De multiples raisons peuvent amener des journalistes à vous contacter directement : c’est souvent une question d’actualité ; par exemple parce qu’il y a un lien entre votre activité et la période de l’année. Des exemples ? On m’appelle régulièrement durant la période des vacances en relation avec ma maison  d’hôtes. Ou encore, il est arrivé qu’on se souvienne de moi en tant que peintre décoratrice à l’occasion des journées du patrimoine. J’ai été appelée récemment suite à la parution du Guide du Routard Belgique 2012 où mon hébergement est répertorié. On peut aussi vous appeler « parce que vous êtes du coin » et qu’on veut mettre en valeur « les gens du crû »…. La seule exigence, c’est d’être capable d’adapter votre planning à la demande.

L’opportunité

A ce sujet, voici deux réponses que j’ai données à ce genre d’improvisation.
Il y a quelques années, la revue Femmes d’Aujourd’hui offrait à ses lectrices un supplément consacré aux chambres d’hôtes en Belgique. A cette occasion, un après-midi, je reçois un coup de téléphone d’une journaliste, Catherine Burnet, qui me propose de loger chez moi le soir-même pour tester les lieux. C’était un vendredi. Coup de bol : la chambre double était disponible. Ce soir-là, j’avais invité des amis à qui j’avais imposé quelques contraintes ludiques : ils étaient supposés contribuer au repas à leur guise et préparer une petite animation qui témoignait, d’une manière ou d’une autre d’une de leurs passions. J’ai donc posé mes conditions, moi aussi : la journaliste et son compagnon étaient bienvenus s’ils participaient à la soirée dans les mêmes conditions que mes amis. Organiser les choses de cette manière n’a eu que des avantages : nous nous sommes bien amusés et la présence impromptue de ces deux invités m’a permis de trouver une explication à une question farfelue que je me posais depuis bien longtemps. L’ami de Catherine ayant choisi de parler de sa passion pour la truffe, c’est lui qui me dévoila la clé du mystère. Voilà donc une offre à laquelle j’ai répondu au pied levé et qui, de plus, se déroula dans le plaisir.
L’autre exemple est beaucoup plus simple. Il y a quelques semaines, à l’occasion de la parution du Guide du Routard qui, paraît-il, mentionne mes chambres d’hôtes, un journaliste m’a contactée dans l‘intention d’y consacrer un papier. Pas de chance : j’avais éteint mon téléphone et n’ai entendu le message qu’en fin d’après-midi, heure à laquelle le journaliste avait bouclé son article. Cet exemple indique combien les occasions de faire parler de soi tiennent à peu de choses.

Instaurez un partenariat

Il y a sans doute beaucoup de raisons de vous mettre à l’honneur… particulièrement si, au fil du temps, vous avez multiplié les occasions de vous manifester. Au bout du compte, un cercle vertueux s’instaure : qui a commencé par faire signe à l’autre ? On finit par l’oublier. De véritables échanges s’instaurent alors et tout le monde en tire avantage. Ainsi, en tant qu’entrepreneur, si la présence dans les médias n’est pas directement génératrice de chiffre d’affaire, elle a en tout cas pour effet d’assurer votre notoriété. « Lentement mais sûrement », pourrait-on dire… Précisément ! Cette dynamique est de nature à fonder votre crédibilité d’entrepreneur aux yeux de partenaires potentiels car si l’on parle de vous régulièrement, c’est, non seulement parce que vous le valez bien mais surtout … parce que vous êtes toujours là et que vous creusez votre sillon alors que tant d’autres disparaissent. Votre fiabilité se bâtit donc au fil du temps. Voilà qui est extrêmement précieux.

Morale de l’histoire : considérez les journalistes comme des partenaires et tenez-vous à leur disposition quand ils ont besoin de vous. Non seulement vous leur rendrez service mais votre enseigne en bénéficiera. On est bien dans un rapport où les deux parties bénéficient de l’attention de l’autre.

Evidemment, tout cela présuppose que vous existiez déjà dans le carnet des journalistes et donc que vous ayez déjà tissé une histoire préalable avec eux. Comment procéder pour en arriver là ? C’est un autre sujet que nous aborderons par ailleurs.

Patricia Mignone

Ce billet fait suite à l’atelier « relations avec la presse » organisé par Innovatech et J’ai besoin de com.com dans le cadre de l’UCM.

Et vous, quelles expérience utiles pouvez-vous partager ?

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