L’entropie et le posilandais®

Par Patricia communication durable, Non classé 2 commentaires sur L’entropie et le posilandais®

Le posilandais®, une idée qui fait son chemin

Eric Nenin-©Switch Coworking CharleroiRécemment j’assistais à un atelier animé par Eric Nenin. Son sujet était le Posilandais®, un concept qu’il a déposé. L‘idée du Posilandais® repose sur le constat que la plupart d’entre nous empruntons des expression formulées négativement : « pas de problème », « c’est pas mauvais », « ce n’est pas mal », « vous ne le regretterez pas », etc. Devant ce constat qui était également valable pour lui-même, Eric Nenin a travaillé sur lui et a trouvé que quand il s’efforçait d’adopter des formules positives, la vie lui souriait plus.
Pour l’instant, il n’a pas encore établi de méthodologie pour transmettre ses recettes. Espérons que ça vienne !

Mauvaises nouvelles et presse à sensation

Au cours de sa conférence, Eric a parlé de la presse qui ne véhicule que des messages désespérants. Dans la salle, quelqu’un a demandé pourquoi la presse accorde tant d’attention aux mauvaises nouvelles et pourquoi les gens en sont si friands.

J’ai deux réponses solidaires à ce sujet.

Les plus âgés parmi nous se rappelleront que, jusqu’aux années 60-70, il y avait deux types de presse nettement différents : la presse « normale » qui transmettait de l’information et la presse à sensation qui correspondait à ce qu’on appelle aujourd’hui la presse « people ». S’y ajoutaient des magazines focalisés sur des affaires de moeurs tels que « Voici » et « Détective ».
Depuis les années ’80, on a assisté à un phénomène de contagion : le langage de la sensation a envahi la presse d’information.
Pourquoi ?
Parce que la sensation fait vendre.
Pourquoi la sensation fait-elle vendre ?
Parce que la sensation sollicite les pulsions.

Eros et Thanatos

Di MarcoC’est donc le moment de nous rappeler que nous sommes des mammifères, que nous sommes sous l’emprise puissante de notre cerveau reptilien lequel est gouverné par les pulsions.
Freud parlait d’Eros et Thanatos (pulsion de vie/pulsion de mort).
Eh oui ! C’est sur ce binôme très basique et guère valorisant que se construisent encore de nombreuses publicités.
Pensez au langage publicitaire d’un salon de l’automobile : il associe toujours des filles plus ou moins vêtues dans des postures lascives à la voiture qui est un symbole de puissance virile.

Cet attrait pulsionnel pour les nouvelles à sensation doit faire partie de nos déterminations anthropologiques.
En effet, on sait qu’à partir du moment où l’imprimerie a permis la diffusion de la presse via la colporteurs, les informations dont les gens étaient friands relevaient de la presse à sensation. Meurtres ! Monstres ! Viols ! Infanticides ! Rien n’a changé, au fond !

Pourquoi la presse à sensation a-t-elle un tel succès?

Parce que la tendance spontanée chez la plupart des gens consiste à s’abandonner au laisser aller. Le comportement physique et mental le plus spontané, c’est de céder à ses pulsions, sans réfléchir.
Ca correspond à l’entropie, un concept issu du domaine de la thermodynamique. L’entropie désigne une dégradation d’un système résultant d’un manque d’input, d’action, de décision, d’information.
La thermodynamique (et à sa suite, la systémique) a montré qu’un système qui n’évolue pas, ne reste pas statique mais se dégrade.
Des gens qui s’abandonnent à leurs pulsions contribuent à la dégradation du monde dans lequel ils vivent : ils s’en croient les victimes mais ils en sont les agents… passifs.

Optimisme, responsabilité, vertu et philosophie

Depuis l’Antiquité, on sait qu’une vie qui a du sens se bâtit sur des choix qui ont quelque chose d’ascétique. C’est le sens et la valeur de la philosophie.
Pour qu’une vie ait du sens (l’anglais, distingue « meaning » – signification- et « purpose » – intention), elle doit être gouvernée par la capacité à prendre occasionnellement une position métacognitive : l’individu se regarde penser et décide de renforcer les choix qui ont de la valeur et d’écarter ceux qui n’en ont pas.

La personne qui veut se construire une vie de qualité doit donc se préserver de l’entropie en se regardant agir et penser. Elle est alors en mesure de prendre des décisions et des orientations en vue de bâtir une vie qui mérite d’être vécue.

Voilà comment on est naturellement négalandais et délibérément posilandais®.
On parle négalandais sans s’en rendre compte et posilandais® par choix.

Et vous, quelle langue parlez-vous?

Au plaisir de découvrir vos réactions,

Amicalement,

Patricia Mignone

 

 

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  • QUINET Anne
    Dans 8 mars 2013 à 15 h 19 min

    Excellent, Patricia, et si simple pourtant … il est évidemment à la portée de n’importe quelle intelligence « moyenne » (et même aux plus médiocres !!!!) de critiquer et d’attaquer son prochain …

    Il faut tellement plus d’humanité, de sens de l’altérité, d’optimisme et de confiance en la vie pour trouver en chacun ce qu’il a de meilleur.

    Cela demande un peu de vigilance au début : ne jamais tirer des conclusions hâtives à propos d’une telle ou d’un tel, il faut prendre le temps de rencontrer les gens plusieurs fois, avoir même un peu de recul vis à vis de certains propos ou attitudes … comme tu l’explique si clairement, tenir le reptile qui est en nous, le plus à l’écart possible de nos prises de conscience .

    Toujours essayer de se mettre à la place de l’autre …Difficile, parfois, mais quel bonheur ensuite …, on se reconnaît ensuite une quantité d’amis, d’amies, partout .

    A peine rencontrés, nous sommes déjà des privilégiés les uns vis à vis des autres parce que nous nous sommes reconnus.

    Gageons qu’un jour nous n’ayons plus à nous reconnaître, parce que nous serons tous redevenus positifs et bienveillants comme le sont, en général, les tout petits enfants ; ))).

    Belle Journée, Pat.

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    • Patricia Mignone
      Dans 8 mars 2013 à 19 h 59 min

      Merci pour ce délicieux avis, délicat, plein de nuances et d’humanité, Anne.

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